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Les écarts de salaires, facteurs de destruction d’une société

Une fois encore, les salaires des dirigeants de certaines entreprises (Peugeot et Renault, récemment) atteignent des records, que beaucoup qualifient d’indécents. Entre cinq et huit millions d’euros voire davantage. Au Club, nous nous unissons à la protestation. L’indécence se traduit de trois façons.

D’abord, l’écart avec les salaires versés dans la société française : le smic est à 1 466,62 € brut mensuel sur la base de la durée légale de 35 heures hebdomadaires, soit 17 600 € par an. Sur la base d’un salaire de 5 millions d’euros, le PDG gagne 284 fois le smic. Pour les demandeurs d’emploi, si on considère les 30% des demandeurs de longue durée qui, selon l’INSEE, perçoivent une indemnité de chômage inférieure au seuil de pauvreté évalué à 40% du Smic, le rapport entre les salaires de ces PDG et les indemnités des chômeurs au minimum de rémunération passe à 710…. Et ceci en France où le mot « fraternité » de la devise républicaine est affiché comme lien de la société.

Ensuite, la philosophie libérale qui sous-tend ces écarts. Henri Ford, dans les années 30 estimait que pour être admissible, cet écart ne devait pas dépasser 1 à 20, voire à 40. « Admissible » est évidemment fonction des représentations dans une société. La société des débuts du 20e siècle, beaucoup plus inégalitaire que la nôtre, acceptait sans doute plus facilement cette inégalité. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il est difficile de mesurer l’impact de ces écarts sur les représentations que les français ont de notre société. Il n’est pas difficile de penser que ces écarts contribuent à une mise en cause de la légitimité de nos institutions.

Enfin on trouve, au fondement de ces écarts, la philosophie néo-libérale du système capitaliste dans lequel nous vivons, philosophie dominante actuellement. Elle est influencée par la pensée et les écrits de l’économiste américain, Milton Friedman (1912-2006). Selon sa théorie, la réduction du rôle de l’État dans une économie de marché est le meilleur moyen d’atteindre la liberté politique et économique. Plus tard, dans La Liberté du choix, il cherchera à démontrer la supériorité du libéralisme économique sur les autres systèmes économiques, plaidant la liberté des salaires, liberté qui contribuerait au dynamisme de nos sociétés.

Au Club, nous ne nions pas que certains écarts dans les rémunérations incitent à l’évolution professionnelle. Mais nous pensons que de TELS écarts contribuent à la destruction de nos sociétés en sapant la confiance dans les institutions.

Le 30 mars 2016

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